Les actes manqués sont ces actes qu'on devrait accomplir mais qu'une force surnatuelle nous en empêche en nous lançant, de son lance-poisse, une embûche.
Il y a maintenant 6 ans, je suis partie, pour ce qui devait être 1 an, enseigner le français et l'éducation physique dans les plaines de la Saskatchewan. Le matin de mon départ, un kist sur mon ovaire droit a pris la décision de se rompre ce qui m'a conduit directement à l'hôpital. Repos forcé et haute médication pour 8 jours. C'est un acte manqué.
Dimanche le 17 août dernier, mon vol Montréal-Kuujjuaq quitte l'aéroport... sans moi. Acte manqué?
Deux semaines auparavant, je reçois mon billet électronique et appelle mon papa pour lui dire que mon départ de l'aéroport de Dorval se fera à 10h15. Ensuite, je prendrai le vol en direction de Tasiujaq à 13h15. Il passera me chercher chez moi à 8h le dimanche matin. Tout est réglé, la vie est belle.
Le matin du dimanche 17 août, 8h, mon père n'est pas arrivé. Pas de panique... je suis faite comme mon père donc, quand je dis 8h, en général, j'arrive autours de 8h15-8h20. À 8h25, il n'est toujours pas là...
8h27, papa, voiture, café et gueule de bois arrivent à ma porte. Pas le temps de lésigner, c'est le grand départ.
Nous sommes bénis par les dieux: aucun ralentissements dus à la construction si peu nombreuse (!). Nous somme à l'aéroport à 9h35.
Nous suivons les flèches de FIRST AIR, le transporteur aérien qui me mènera à Kuujjuaq. Aucun terminal n'affiche le transporteur en question. Bizarre!
Au comptoir d'information, la dame nous assure que les comptoirs First Air sont entre les terminaux 63 et 68. Nous nous y rendons à nouveuz pour constater que:
1- La dame ne sait pas ce qu'elle dit.
2- Nous sommes vraiment d'avance.
3- Tous les employés et voyageurs sont maintenant invisibles.
Ne sachant pas laquelle de ces trois hypothèses est la plus plausible, nous (en l'occurence mon père) demandons à un messager à vélo ce qui se passe avec l'invisibilité de First Air ce matin.
"Le vol en direction de Kuujjuaq a bien décolé ce matin à 8h45".
Eum... pouvez-vous répéter?
" Vous avez manquez votre avion parce que vous n'avez pas su déchiffrer les codes secrets sur votre ticket d'embarquement. Nous ne vous le montrons pas, mais nous rions de vous présentement et vous trouvons infiniement ridicule".
À ce moment du récit, j'ai 4 ans et demi et on vient de m'annoncer qu'il ne reste plus de crème glacé au chocolat à la crèmerie. Donc, je pleure.
L'avantage d'avoir un papa vraiiiiiiiiiment grand, c'est que, quand je me sens redevenir une enfant, il ne pète pas ma bulle quand il me prend dans ses bras. En fait, il la forcifit. Merci papou d'être grand!
Dans ma tête, il se passe 2 choses:
Professionnellement, je capote parce que je dois commencer à travailler le lendemain.
Personnellement, je capote parce que ça fait une semaine que je n'ai pas vu mon amoureux.
La déprime et le désespoir me suivent jusqu'à la voiture de mon père. Celui-ci s'est transformé en agent de voyage sur-qualifié. En 4 coups de téléphone, je faisais maintenant parti de la liste prioritaire des passagers pour le vol du lendemain matin.
Je ne sais pas si mon départ pour Tasiujaq est un acte manqué. Ce que je sais, c'est que ce délais m'a permis d'acquérir de nouvelles boucles d'oreilles, récupérer mes souliers de course et manger un succulent repas en compagnie de Marie-Michèle et ses parents.
En plus, comme à 4 ans et demi, mon papa est devenu un héros.
samedi 23 août 2008
Les actes manqués
Publié par Nancy à 16:56:00
Libellés : Préparatifs
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