Mesdames et Messieurs, bonsoir!
Prière de m’accorder votre pardon pour mon silence des derniers jours, voire, des dernières semaines. Les obligations professionnelles me tenant par le chignon du cou, je n’ai pu prendre le temps de vous informer sur nos dernières aventures… Qu’à cela ne tienne! J’espère que vous avez du temps devant vous, parce que moi, je sens que j’ai le verbe facile en ce samedi pluvieux sous le ciel de Tasiujaq.
Ma dernière correspondance date du vendredi 29 août. Le soir ce de même vendredi, nous sommes allés avec Caroline (une amie enseignante qui est ici depuis 8 ans) à l’Île. L’Île, est une île (oui, oui) qu’il y a au milieu de la baie. Il y a une route qui peut nous y mener.
Prière de m’accorder votre pardon pour mon silence des derniers jours, voire, des dernières semaines. Les obligations professionnelles me tenant par le chignon du cou, je n’ai pu prendre le temps de vous informer sur nos dernières aventures… Qu’à cela ne tienne! J’espère que vous avez du temps devant vous, parce que moi, je sens que j’ai le verbe facile en ce samedi pluvieux sous le ciel de Tasiujaq.
Ma dernière correspondance date du vendredi 29 août. Le soir ce de même vendredi, nous sommes allés avec Caroline (une amie enseignante qui est ici depuis 8 ans) à l’Île. L’Île, est une île (oui, oui) qu’il y a au milieu de la baie. Il y a une route qui peut nous y mener.
Ce même soir, nous avons vu notre premier coucher de soleil derrière les montagnes. En fait, c’est qu’habituellement, où on habite, les montagnes nous cachent de la beauté du soleil qui se prépare à aller dormir. En étant sur-élevés grâce à l’altitude de l’Île, nous avons pu voir le spectacle suivant :
Le samedi 30 août, donc au lendemain du dernier récit, un événement inattendu s’est produit. Il fallait bien que je vous exprime toute ma dépression de ne pas avoir reçu nos trucs et vous exprime le ridicule de voir le Grand dormir dans 2 minuscules draps contour pour que les 18 boîtes manquantes arrivent! Draps, vélos et pâtes de tomates en quantité industrielle sont arrivés accompagnés des linges à vaisselles et de quelques DVD. Enfin! Notre maison est maintenant bien installée… il ne nous manque que le fil qui relie le vidéo à la télévision (bravo Nancy!) qui devrait en ce moment déjà être rendu à la poste.
Le dimanche, ayant reçu nos vélos et pouvant enfin les réconciliés avec leur roues, nous avons pris la route qui nous menait jusqu’à l’île pour aller découvrir l’autre versant de cette montagne. C’est alors que la portion « cueilleuse » du mot « chasseuse-cueilleuse » utilisé pour caractériser les Inuits a fait son apparition dans ma personnalité. Pendant plusieurs minutes (lire ici au moins 30) j’ai été accroupie au sol accompagnée de mon chum qui vivait le moment le plus stimulant de sa vie (!!!) pour ramasser des bleuets. Il est difficile de vous décrire à quel point les bleuets sont présents dans la toundra. Il y en a tellement qu’on marche dessus; impossible de les éviter. Quand, finalement selon Martin, notre sac Zip-Lock ™ a été rempli, nous avons entrepris l’ascension de l’île.
Ce jour là, nous avons été témoin d’une crise Inuite intense et déstabilisante. Pendant que les cueilleurs en nous s’affairaient à la tâche, une Néon verte, identique à celle que possédait les Noël, remplie d’Inuits s’est stationnée près de nos vélos. Sont sorties de la bagnole 8 individus (le code de la route n’est pas appliqué à la lettre ici) dont 2 de nos élèves qui nous ont rejoints sur la toundra et qui se sont mises à cueillir des baies elle aussi. Pendant ce temps, du coté de la baie, un drame inconnu était vécu des quelques Inuits légèrement « pactés » qui poussaient des cris de ragent capables de faire faire pipi dans son froc à n’importe quel gros gaillard. En d’autre mots, j’avais un peu peur! Au début, nous pensions qu’ils étaient fâchés parce que leur voiture était brisée. Martin s’est informé à Navvalik (une des deux élèves) qui a rit et à répondu que non, la voiture n’était pas brisée. Le drame qui se vivait ne nous concernant définitivement pas, nous avons redoubler d’ardeur à notre tâche et attendus patiemment que les cris cessent avant d’enfourcher nos vélos de nouveau pour nous rediriger vers le village.
Le soir de cette journée haute en émotions et en fatigue musculaire, nous avons reçus les « jeunes » profs à souper à la maison avec une bonne fondue. S’en est suivi une soirée de Guitar Hero, d’anecdotes et de plaisir.
Le lendemain, c’était congé! Martin et moi sommes allés marché dans la toundra en essayant de progresser plus vers l’intérieur plutôt que de rester sur la crête des montagnes. Nous souhaitions vraiment voir un troupeau quelconque, que ce soit de caribou ou de bœufs musqués. Mais rien! Que des crottes d’ours un peu partout et plusieurs paysages à couper le souffle…
Non, ceci n'est pas un chemin d'asphalte mais bien une ligne de quartz au somment d'une montagne.




En ce qui concerne la semaine à l’école, lentement mais sûrement, la routine commence à s’installer autant dans nos comportements que dans celui des élèves. Bien entendus, je les entends me traiter de lukuapik sans arrêt puisque je tiens à mon point et que je ne cède pas. Je suis sévère!! Certains m'ont même demandé de quitter le village... pas l'école, LE VILLAGE! Les autre profs nous disent de ne pas s'en faire, quand on entends lukuapik c'est qu'au fond, on fait bien notre boulot. Les élèves de maternelle me croisent dans la rue et m’appelle lukuapik et non Nancy… D’ailleurs, Nancy Pilon, c’est difficile à prononcer je crois, parce que dans la bouche des Inuits, c’est Nancy Pouthy! Pourquoi? Je ne sais pas. Martin, de son côté, est aussi lukuapik et se fait appeler Marctin. C’est vraiment drôle à entendre : « MARCTIN! MARCTIN! ».
Nous aimons tous les deux beaucoup nos tâches à l’école… moi parce que je suis avec des petits amis du primaire (entre autre) et lui, parce qu’il a des grands du secondaire. Finalement, c’est au nord que nous sommes attitrés à la clientèle qui nous plaît le plus.
Puisque je suis la seule enseignante en éducation physique de l’école, et la première de l’histoire de cet école (ce qui amène son lot de responsabilités et de frustrations, j’en ferai mention plus tard) nous partageons donc certains élèves. Le groupe de 7e année + Sec 1 & 2 du secteur anglophone nous en fait arracher à tous les deux (et aux autres profs aussi). Ils sont désagréables, pas évidents, irrespectueux, non travaillant… bref, un groupe de rêve! Par chance, c’est le seule parmi mes 7 groupes qui me donne vraiment de la misère. Martin, quant a lui, a seulement 2 groupes, ce qui fait que 50% de son temps, il est avec eux.
Nous avons eu une grosse semaine de planification et de remise de plein de chose. Le début de l’année scolaire…
Fait important: l'expérimentation de notre premier vendredi suivant la paye dans un village inuit. Vendredi dernier, à l’aéroport, on pouvait facilement compter 18 voitures (donc, la totalité des voitures du village). La livraison d’alcool atterrissait en même temps que l’avion.
Ce soir là, l’air était bon et frais. Marctin et moi sommes allés marcher. Il y avait des enfants PARTOUT. Et jusqu’à des heures impossibles. Lors des vendredis alcoolisés, les parents donnent 20$ à chacun de leur enfant pour qu’ils fassent des provisions de victuailles pour la soirée (Papsi, chips, bonbons, beef jerkys, etc.) Ensuite, les enfants, ne désirant pas rester dans leur maison, errent ensemble dans les rues du village en attendant que le climat familial redevienne propice au sommeil. C’est comme ça tout au long de la fin de semaine où on peut entendre, même à 4h du matin, des petites voies d’enfants dehors. Une autre culture.
La fin de semaine dernière, nous avons encore fait une randonnée à vélo mais cette fois, beaucoup plus longue. 3h de vélos dans les montagnes… c’était magnifique. Malheureusement, nous avons omis de traîner avec nous l’appareil photo. Je suis gentille en disant que nous avons oublier, parce qu’en fait, Marctin a oublié! Mais si je dis ça, il répond : « T’as un appareil photo toi aussi et bla bla bla bla bla » et dans des moments comme ça, je n’écoute pas vraiment!!! Vous comprenez que je blague, j’espère!
Bref, 3h dans les montagnes! On a vu quelques tentes d’inuits qui sont plantées là en presque permanence (en fait, jusqu’à ce que la neige s’en mêle) et plusieurs chiens mais toujours pas d’animaux. Nous étions vraiment à l’intérieur des terres, loin de la baie et le paysage était époustouflant. Des lacs intérieurs, des cascades, des rivières, des montagnes différentes que celle du village, moins rocailleuses, plus vertes.. Le temps change ici aussi, l’automne arrive et la toundra commence à changer de couleur. C’est vraiment magnifique.
Le soir, le ciel était clair et nous avons pu voir nos premières aurores boréales. C’était magnifique. À ce moment là, je me suis sentie minuscule dans l’immensité et dépassée par autant de beauté. L’air était pur, le spectacle était beau, la main de mon amoureux dans la mienne… Un moment de pur bonheur.
Nous n’avons pas pu photographier les aurores… c’est difficile car ça demande un temps d’exposition de la lentille d’au moins 15 secondes. Je vous souhaite tous de pouvoir être témoin de ça un jour.
La semaine qui vient de se terminée a été riche, encore une fois. Nous commençons à voir des liens avec nos élèves et ces moments sont précieux. Marctin et moi avons passer des périodes à seulement discuter avec eux, cette semaine. Ils nous apprennent des mots en inuktittut et se foutent de notre gueule parce qu’ils nous apprennent des mauvais mots et ne pensent pas qu’on s’en rend compte! Je commence à utiliser un peu du vocabulaire appris dans mon enseignement… Tukasivissi veut dire : avez-vous compris. Ce mot m’est bien pratique en 3e année alors qu’ils ne parlent pas un mot de français! Ouima signifie dépêche-toi. Ça aussi, bien pratique. Ullakut veut dire bon matin et Ullukut bon après-midi. Nakurmik veut dire merci. C’est ce qui reste dans mon cerveau… Cette semaine, j’ai appris comment dire poisson, pêcheur, chaise et t-shirt mais je ne m’en souviens plus!
Hier soir, Marctin est allé faire du kayak avec Moses, un de nos élèves de 3e secondaire du secteur anglais alors que moi j’essayais de soigner un début de mal de gorge – rhume – sinusite. Aujourd’hui il fait gris, avec de la pluie… Et cette semaine, ils annoncent de la neige!
Pour ceux qui se demande si on aime ça, n’ayez aucun doute. On adore ça. Tellement, qu’on s’est acheté un ski-doo! Comme ça, on va pouvoir sortir du village pendant l’hiver, ce qui va nous apporter un « réel rafraîchissement au quotidien », hein papa?! Ah ha ha!
Sur ces quelques 1700 mots, je vous laisse en vous promettant de vous réécrire plus rapidement cette fois. Prenez tous bien soin de vous et n’hésitez pas à nous envoyer de vos nouvelles. On a beau aimer notre vie au Nord, on aime quand même notre monde au sud.
Bonne semaine
Nancy Pouthy et Marctin
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