mercredi 30 septembre 2009

Par un doux 30 septembre...



Ce matin, alors que je me suis levée, candidement, vers 7h30, et que mon amoureux ronronnait encore au lit, quelle ne fût pas ma surprise (lire ici, mon désarroi) quand j'ai vu cette tempête à l'extérieur...

Un p'tit smoothie au fruit, une séance de luminothérapie et je me sentais mieux. Puis, est venue l'heure du dîner...




Il fait pas beau à Montréal ? Il commence à faire froid dans les Laurentides. Arrêtez de vous plaindre, ET PLAIGNEZ-NOUS !!!

dimanche 20 septembre 2009

L'Amour au temps d'Agaguk

Qui a dit que les communautés inuites de moins de 300 personnes étaient à l'abris des scandales amoureux ? Qui ?

Tenez-vous bien ! Les potins, j'vous dit pas..

Martin et moi sommes responsables de l'activité parascolaire de hockey; Martin s'occupe des élèves du secondaire et moi, du primaire. De mon côté, je me dévoue pour les enfants, afin qu'ils puissent jouer à leur sport favori dans un endroit sécuritaire. Martin, lui, est seulement un égoïste qui profite de la présence des élèves pour améliorer ses skills au hockey et ainsi, épater la galerie à notre retour au sud !!! (ne lui dites pas que je vous l'ai dit, il va encore essayer de me tuer dans mon sommeil).

Il y a de celà 2 semaines environs, il s'est passé un fâcheux événement lors de l'activité de Martin. Puisqu'il joue avec les élèves, il lui arrive de se faire bousculer un peu... mais bon, ils l'ont dit aux nouvelles: une mise en échec utile, c'est toléré, mais un assaut à coup de bâton, ça ne l'est pas. Donc, il se fait ramasser un p'tit peu et pas mal souvent par le même élève. Martin et sa grande sagesse demande poliement à l'élève de bien vouloir arrêter s'il vous plaît, car il n'aime pas ça.

L'élève récidive.

Martin a oublier qu'il possédait une grande sagesse et use de méthodes plus simples à comprendre, dont je vous épargne les détails. Pas que ce soit violent, illégal ou même sanglant, mais plutôt parce qu'on a conclu un pacte: il ne se mêle pas de mes méthodes d'enseignement, je ne me mêle pas des siennes. Comme ça, tout le monde est heureux et les oiseaux chantent.

L'élève a pas apprécié l'oubli de sagesse de Martin, ni le fait qu'il ait été banni de l'activité hockey pour une période indéterminée. Dès lors, la compétition s'enclenche.

Chez les Inuits, la fierté est quelque chose de plus qu'important. Chez un homme, la fierté, c'est aussi quelque chose. Alors la fierté chez un mec inuit, euh, ben, c'est beaucoup quelque chose de vraiment important.

Donc, l'élève énonce à tous ses amis qu'il a envie de péter la marboulette à mon homme. Bon, on s'en fait pas trop avec ça. Martin dit que c'est normal, que son intervention l'a atteint dans sa fierté et tout le tralala... Bon, moi j'trouve ça pas très cool que mon homme soit la cible d'un élève fort mais ça l'air que y'a rien là. Une affaire de gars, de meute de loups ou qqch du genre (j'écoutais pas vraiment quand Martin en parlait en fait).

Eh bien (musique dramatique) c'est pas une question de fierté qui fait que l'élève a envie de casser la jolie dentition de Martin. Nonon. Pas rapport avec les loups pis toute.

La raison pour laquelle Martin risque de manger du manger-mou, c'est MOI.

L'élève m'aime. Et il ne supporte pas que je sois avec Martin.

Drama, drama, drama...

Non mais, ne dites pas que c'est pas excitant tout ça ?!

Ça explique pourquoi l'élève arrive toujours fraîchement lavé dans mes cours depuis une semaine par contre.

À suivre... :)

mardi 8 septembre 2009

Le chant canin

Bonsoir...

Laissez-moi prendre quelques minutes de votre temps pour faire une légère montée de lait. Mon voisin, le frère du maire, celui qui déteste les blancs et qui nous crie toujours après, attache ses chiens derrière chez lui. Il ne devrait pas, personne n'a le droit. Mais c'est le frère du maire, donc il a un passe-droit. Voici ce que je lui écrirais si je le pouvais... ou si je ne tenais pas à la vie.

Cher M. Agaguk,

Comme vous le savez, vos chiens sont "statchés" rienque derrière ma fenêtre de chambre. Je sais pas c'est quoi leur problème, mais il semble qu'ils ressentent le besoin de hurler / japper / faire du bruit vers 23h et ensuite, vers 1h et finalement, vers 4h, ce qui, pas mal tous les soirs, perturbe mon sommeil.

Auriez-vous l'amabilité de bien vouloir leur faire fermer la gueule svp. Oh et, en passant, si vous pourriez arrêter de battre vos enfants et violer votre femme, ça pourrait être pas pire aussi. Parce que là, votre fils au grand coeur qui déborde de potentiel est entrain de devenir comme vous: un abruti.

Cordialement,

Nancy


Comme je vous disais, je tiens à ma vie.

samedi 5 septembre 2009

Plein-air, chasse et pêche

Oui, oui, comme le FAMEUX magasine ou encore, comme le "programme" à RDS. Vivre ici, c'est exactement comme ça, sauf pour les chroniqueurs de série B.

Hier, à la fin des classes, afin de bien amorcé notre loooooongue fin de semaine, nous sommes allés vers May's Road (traduction: la route de May) avec Daniel, Marie-Ève et l'indispensable Jeep de Dan, celle qui a un plancher en bardeaux goudronnés et qui a le même âge que Martin. Nos élèves nous avaient dit que les caribous étaient rendus là. Nous sommes allés voir de nos propres yeux.

Première péripétie: Martin conduit la Jeep manuelle ou comment étouffer 6 fois au même endroit !!

Après quelque minutes de chemin cabosseux, super agréable pour le coccyx fracturé de M-Ève et mon mal des transports (j'entend Oli d'ici... "Santé de fif"!!!), nous avons fait une pause pour gravir une petite montagne et cueillir des bleuets. Ben... Marie et moi on a cueilli des bleuets, Martin les a mangé. Jusque là, nous n'avions vu aucun caribous... vivants. Des têtes, des pattes, des entrailles (oui, oui, ENTRAILLES), des bois, des carcasses, mais aucun qui gambade comme Bambi et sa maman. Déception (surtout pour Martin qui a répété 45 fois "J'peux pas croire qu'il n'y a pas un maudit caribou").

Mais au retour... ohlalalalalala !

Au loin, grâce Marie-Ève et son oeil de lynx, on a aperçu un ours marchant candidement sur la crête d'une montagne. Il est rapidement allé se cacher. Pas qu'il nous ait vu, non, il a entendu mon amoureux chanter sa version de Halo de Beyoncé. Morceau d'anthologie.

Et ensuite, 6 caribous qui couraient dans la toundra, avec leurs bois doux et leur démarche gracieuse. C'est si beau un caribou (et si bon à la fois). On a croisé quelques inuits qui arrivaient pour chasser. Nous les avons laisser. Ils étaient armés!

Nous les avons laissé pour ne pas perturber leur chasse. Des blancs qui s'extasient devant de la nourriture vivante, ça ne les fait pas tripper.

Un peu plus loin, nous avons croiser certains de nos élèves avec leurs parents. Les petits cueillaient des bleuets, les grands rapatriaient les caribous morts. Là non plus, nous ne sommes pas rester longtemps. Respect oblige.

C'était ma première vraie sortie depuis mon retour et je me suis rendue compte à quel point Tasiujaq m'a manqué. C'est si beau, si vaste et si calme. L'air sent bon. C'est un petit paradis... au nord du 55e !

Pour les photos de l'excursion, cliquez ICI. Coeur sensible s'abstenir.

mercredi 2 septembre 2009

Guess who's back.. ?

(avouez que vous avez la chanson dans la tête maintenant, non ? Mouhahahahaha)

Ben oui ! J'recommence !

Espérons que cette année, je ne sois pas affligée par une autre maladie stupide et que je puisse poursuivre le récit de nos fabuleuses aventures dans le monde de la toundra, des boeufs musqués et des drames familiaux !

À date, le retour se passe très bien. Comme vous le savez, Martin est arrivé avant 10 jours avant moi dans notre paradis nordique. Je ne vous cacherai pas que j'avais une légère pointe de stress en prenant l'avion le matin du 27 août... "Et s'ils avaient raison ? Et si le nord ne me faisait pas finalement.. ?"

Quelle ne fût pas ma joie de constater mon bonheur lorsque j'ai aperçu mon mini-village par la fenêtre de mon mini-avion ! Tasiujaq est toujours aussi beau, sent toujours aussi bon. Je suis vraiment mais vraiment contente d'être de retour. Dans tes dents, Line la pas fine !

Deuxième facteur de stress: mon retour au boulot. Pfouah ! Non fondé ! Mes élèves sont contents de me voir, moi aussi.. L'équipe école est toujours aussi l'fun... Bref, que du bonheur !

Beaucoup de chambardements par contre en une semaine. Des nouveaux élèves, des élèves qui déménagent et qui reviennent, des nouveaux élèves qui restent que 5 jours, des changements de groupes, des troubles d'horaire (je ne sais toujours pas pourquoi mon directeur s'entête à faire les horaires 1 par 1 avec Excel alors qu'il existe des programmes fait pour ça... bref). Mais bon, le temps passe, tout se replace, la petite routine reprend son court et la vie est belle.

Marktai et moi, on va très bien. On attend impatiemment notre prochaine épicerie mais sinon, on est heureux d'être de retour et filons un bonheur quasi parfait !!!

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TASIUJAQ NEWS

Cette semaine, nous sommes affligés par un drame. Vous savez ici, les familles, la violence, l'alcool, c'est pas toujours évident. En général, on s'en tire vraiment bien si on se compare à certains autre village. Mais là, il est arrivé un truc qui nous touche beaucoup, car ça nous fait perdre une de nos très bonnes élève.

Depuis l'an dernier que Martin et moi, on trippe pas sur Siqua (prononcé Sirrhoua) une prof de l'école.. C'est un joli visage à 2 faces qui aime particulièrement pondre des rumeurs. Que voulez-vous, c'est tranquille par ici.. les gens ont besoin de se divertir...

Donc Siqua émet l'hypothèse que 2 élèves (Vicky et Victoria) ont fait boire de l'alcool sa nièce Emaly. Sa source ? Elle CROIT avoir senti de l'alcool quand les filles sont passées devant elle. Elle va donc raconter ça à sa belle-soeur, Mary.

Mary qui, dans sa famille jour le rôle de la mère et du père, pète un plomb, une latte, une coche et toute autre chose du genre. Car à ses yeux, Emaly est une enfant parfaite qui ne fait pas de niaiseries. Et comme toute bonne adolescente, Emaly cache ses petites expériences à sa mère. Mais qui ne l'a pas fait ?

Mary voit noir, donc, et décide d'aller régler le cas des 2 filles, Vicky et Victoria. Dimanche soir, elle les accoste et les frappe au visage. Les filles prennent peur. Les parents de Vicky alertent la police (le chef de la police est le frère de Mary..... ouain, c'est ça...)

La mère de Victoria avait déjà parlé de son souhait de peut-être aller vivre à Inukjuak avec Victoria. Par contre, la décision avait été prise que Victoria allait demeurer à Tasiujaq avec sa grand-mère. Après l'événement Mary, Victoria s'est retrouvée dans le premier avion pour Inukjuak.

Vicky est vraiment triste du départ de sa meilleure amie. Elle refuse d'aller à l'école. Elle refuse de voir Emaly aussi.

Les policiers ne font rien. Paul est, selon tous, un morron. Son beau-frère est le "pusher" du village, juste pour vous dire.

Tommy lui, le chef de la police, ne fait rien parce que c'est sa soeur qui est dans le tort.

Le dernier espoir est Timothy, il revient au village demain et Vicky lui fait entièrement confiance.

Par contre, après cette histoire, tout ce que Vicky veut, c'est s'en aller à Inukjuak. On pensait que ses parents allaient dire non, mais c'est une autre culture. Ils ont donc dit oui. Elle quitte la semaine prochaine.

Moi, je suis enragée. Complètement. Et triste, parce que Vicky, je l'aime beaucoup. Elle est merveilleuse, brillante, une bonne petite fille, une des rares ici qui a vraiment de l'avenir. Je suis enragée que cette espèce de sacro-sainte Famille Cain puisse toute faire, même hypothéquer l'avenir de Vicky.

Martin lui, en plus d'être enragé, est vraiment inquiet pour l'avenir de Vicky.

Présentement, je pourrais tuer un troupeau de caribous à mains nues, tellement je ressent de la frustration. Mais que pouvons-nous faire au fond. On est la minorité ici. On ne détient pas la vérité absolue. On n'a pas vraiment de mot à dire. On se tait en rageant en silence...